Contes spirituels pour un monde nouveau

Seemer et le don de la transformation (format pdf)

Depuis la dernière lune, les villages dispersés au pied des montagnes pourpres n’arrivaient plus à trouver le repos. Les villageois éprouvaient ce malaise depuis le jour où un engin avait traversé un élégant nuage argenté percé de rayons lumineux. Pour la plupart des habitants, il s’agissait d’un engin n’appartenant ni à leurs cieux ni à leur esprit. Il est vrai que, dans le passé, certaines personnes avaient été témoins d’un événement semblable, mais plusieurs autres non. Cet événement était à l’origine de débats isolés qui n’en finissaient plus.

En fin de compte, un grand rassemblement fut organisé et tous les gens furent invités à débattre cette étrange affaire. De nombreuses personnes, petites et grandes, jeunes et vieilles, et différentes de peau comme de chevelure vinrent d’aussi loin que la vaste mer (que certains croyaient disparue). L’invitation fut aussi lancée aux habitants des parties montagneuses les plus reculées et des dépressions les plus secrètes des vallées que la question intéressait.

Ainsi, de nombreux groupes se formèrent pour discuter de la possibilité que la vie existe ailleurs, soit sur la planète ou à l’intérieur de celle-ci, ou même au-delà.

Quelques êtres, doux de nature, se trouvaient parmi eux. Un jeune homme, du nom de « Seemer », qui signifie « le non identifié » en langue ancienne, était l’un d’eux. À l’insu de tous, Seemer et ses compagnons étaient venus de loin, par-delà la planète et la lune, et possédaient le don de la transformation. Grâce à ce don, ils pouvaient non seulement changer l’aspect de leur corps de façon à ce qu’il soit identique à celui des habitants des autres mondes, mais ils avaient aussi le pouvoir de changer les pensées d’une autre personne à la condition que celle-ci soit prête à élever son esprit.

Le soleil s’était levé dans le ciel puis couché par trois fois avant que Seemer décide qu’il était temps de parler à la collectivité. Les gens étaient plus divisés que jamais et de plus en plus impatients et intolérants. Le moment était venu d’employer le don.

Tout en observant les êtres qui s’étaient rassemblés en grappes, Seemer ressentit une grande tendresse pour chacun d’eux. Certaines personnes, l’air songeur, s’étaient désintéressées de la discussion et mangeaient tranquillement alors que d’autres, le visage rouge de colère, tentaient désespérément de faire valoir leur point de vue. Quelques enfants, l’esprit pur et le corps robuste, s’émerveillaient de papillons pourpres, venus d’ailleurs, et s’amusaient avec des petites créatures des montagnes qui avaient élu domicile près du village. À l’image des enfants qui les aimaient, ces petites créatures peluchées et enjouées étaient florissantes de santé et respiraient l’amitié. Seemer leva les yeux et sourit intérieurement aux mondes en attente au-delà de la terre, que lui seul pouvait voir.

Seemer, qui se tenait debout sur une pierre de granite rose et blanche légèrement au-dessus de la foule, fit un geste de la main; le bourdonnement des conversations s’arrêta aussitôt et toutes les têtes se tournèrent vers lui. Seemer rayonnait de sagesse et de vérité. Son visage était à la fois doux et solide et ses beaux yeux bruns couvaient chaque personne avec amour. D’une voix puissante, Seemer leur dit ceci : « Je vous demande de fermer les yeux un instant. Que voyez-vous, dites-moi ? »

Chaque personne s’exécuta et chacune vit une chose différente.

Certaines personnes virent des mondes merveilleux au-delà de ce qu’elles pouvaient imaginer, d’autres virent des gens rayonnant de lumière qui déambulaient parmi eux, d’autres encore entendirent les arbres et le vent leur murmurer des messages d’une grande importance. Tous les gens présents firent une expérience enrichissante et profonde. En ouvrant leur esprit et leur cœur, ils réalisèrent qu’il y avait d’autres univers à explorer. Ils surent aussi que, même s’ils étaient uniques, les autres l’étaient tout autant et que, par conséquent, toute existence devait être révérée. Enfin, ils se rendirent compte que peu importe ce qu’ils pouvaient expérimenter dans le monde extérieur, il s’agissait uniquement d’un jeu du monde intérieur. Ils étaient libres, puisque leur cœur s’était ouvert à de plus vastes possibilités. Tous les gens, provenant tant de la vaste mer que des vallées, découvrirent leur engagement commun, soit celui de s’exprimer librement et d’écouter l’autre avec tolérance et compassion.

Puis Seemer demanda à la foule d’ouvrir les yeux. D’une voix à la fois puissante et douce, il dit, « Je vous demande de réfléchir à ceci : Que choisissez-vous, libérer votre esprit et envisager la possibilité qu’il existe des choses inconnues de vous ou rester dans les sentiers battus, fermer votre esprit et vivre dans un monde replié sur lui-même? »

Le sentiment de liberté avait soudainement fait place au respect et à l’amitié entre les habitants de sorte que personne ne pouvait proférer un mot de mécontentement. Ils se regardèrent avec le seul désir de partager leur repas et d’échanger leurs points de vue.

Seemer pouvait sentir la profonde gratitude de la foule comme un ruban doré qui s’étendait au-dessus d’elle. Les gens avaient non seulement perçu le don de la transformation offert en cadeau, mais ils le portaient maintenant en eux. Il quitta tranquillement l’assemblée et fit mentalement signe à ses compagnons. Il était temps de partir et d’aller visiter l’immense forêt de Mareithia pour y trouver le repos et l’amitié.

Encore une fois, le monde pouvait s’exprimer avec plus de finesse puisque la gloire du Créateur avait touché.

Regiena Heringa
Institute for Spiritual Unfoldment and Interworld Studies (ISUIS)
Institut de l’épanouissement spirituel et des études intermondiales (IESEI)
www.nextagemission.com

Traduction par Michèle Lessard lessardmichele@videotron.ca

 

Retour à l'index des Contes spirituels pour un monde nouveau

Retour à l'index Livres, poésie et musique de Regiena

 
Top of page / Haut de page